Copenhague, le vendredi 11 décembre 2009 –Premier bilan après une semaine à Copenhague : un débat carbone, des chiffres à profusion, mais des négociateurs bien loin des réalités de terrain, des conséquences sur les populations et de l’urgence des actions à engager.
Après une semaine de suivi des négociations, de rencontres et de mobilisation à Copenhague, Coordination SUD et ses membres opèrent un premier constat : le compte n’y est pas ! La bataille des chiffres laisse peu de place aux questions urgentes et essentielles de l’adaptation au changement climatique. A l’image du SOS de Tuvalu lancé en plénière, on peut s’interroger sur la place de l’humain et des plus vulnérables dans le débat. « Que fait-on concrètement aujourd’hui pour ceux qui ont les pieds dans l’eau ou dont la terre se dérobe sous leurs pieds ? » s’inquiète Sandrine Chopin, de Handicap International. Les pays les plus vulnérables nécessitent des engagements forts traduits en actions immédiates, comme en ont témoigné Tango-Piango (Tuvalu-Iles du Pacifique), Accion (Chili) et Enda (Sénégal), lors d’un atelier organisé le 10 décembre par Coordination SUD et le RAC-F à Copenhague, avec le soutien de l’Ambassade de France.
Lors d’une table ronde le 10 décembre, Brice Lalonde, ambassadeur français chargé des négociations internationales sur le changement climatique, a déclaré que, si l’adaptation était importante, la réduction des émissions de la Chine et des Etats-Unis était prioritaire. Si certains négociateurs reconnaissent enfin la nécessité des efforts à faire, « l’adaptation demeure à l’évidence le parent pauvre des négociations, concentrées sur la bataille des chiffres » constate Anne Chetaille du Gret et chef de file de la commission Climat et développement de Coordination SUD. En outre, la tentation pour les pays du Nord de recycler l’aide publique au développement (APD) pour financer la lutte contre le changement climatique est non seulement dangereuse, mais indigne eu égard à leur responsabilité historique en matière d’émissions de CO2. « Au baromètre médiatique de Copenhague, les effets d’annonce semblent valoir autant que les engagements » conclut Patrice Burger du CARI et groupe de travail désertification.
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