Dans un contexte de reprise très fragile après la crise financière, trois thèmes principaux ont dominé les débats : le développement, le climat, la paix et la sécurité internationale.
L’initiative de santé maternelle et infantile a été lancée par le Canada, avec un manque d’engouement manifeste des autres pays : seuls cinq milliards de dollars pour cinq ans ont été annoncés par les pays du G8 quand le double était demandé par Coordination SUD. La France contribuera à hauteur de 100 millions d’euros par an, soit 15% du montant total. Ce soutien devrait aider les pays en développement à prévenir sur cinq ans : le décès de 1,3 million d’enfants de moins de cinq ans et 64 000 morts maternelles, et à permettre à 12 millions de couples de plus d’avoir accès à des méthodes modernes de planification familiale. On note une mention particulière sur la formation des personnels de santé, mais pas sur la nécessité de créer de nombreux postes supplémentaires, comme le demandait Coordination SUD.
La volonté de reconstituer le Fonds mondial contre le sida a été affirmée, sans plus de précisions. La sécurité alimentaire a aussi abordée avec une réaffirmation de la volonté d’avancer, sans contribution supplémentaire annoncée. Seuls 6,5 milliards de dollars ont été déboursés à ce jour sur les 22 milliards promis à l'Aquila en 2009. Les pays sont« résolus à attribuer le montant total des engagements nationaux d’ici 2012 ». De façon transversale, il faut apprécier l’effort de redevabilité que le G8 a fait en publiant un rapport sur le suivi des engagements depuis Gleenagles. La France a produit le sien et demandé aux pays africains de travailler à leur tour sur un rapport de redevabilité. Même si ce document, que la société civile a reçu à son arrivée mérite largement d’être précisé, c’est une avancée réelle. Sur le climat, les pays du G8 souhaitent que les pays développés réduisent, d'ici 2050, leurs émissions globales de gaz à effet de serre d’au moins 80% par rapport aux émissions de 1990 ou au-delà. Ils ne s’engagent sur aucun moyen financier, mais demandent un accord contraignant pour l’après 2012 à la prochaine conférence des parties.
Suite à l’assaut contre le flottille humanitaire le 31 mai dernier, Coordination SUD avait demandé par voie de communiqué la levée immédiate du blocus de Gaza. Le G8 a appelé à la fin du blocus de Gaza, tout en « regrettant » l’assaut contre la flottille humanitaire. Les chefs d’Etats ont appelé « toutes les parties à travailler ensemble » pour « assurer l’aide humanitaire et la circulation des biens commerciaux et des personnes » dans le territoire palestinien. Ils ont apporté leur soutien à la création d’une commission internationale indépendante pour enquêter sur cette attaque.
Enfin, la vision différente de l’Europe et des USA sur la continuité ou non des plans de relance a pris une large part des discussions.
A suivre : la question de la taxe sur les transactions financières pourrait être abordée au G20, à titre exploratoire.
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